Le blogue de Sophie Morin

Les compétences humaines du thérapeute prévient les abandons thérapeutiques précoces

Une rupture de lien toutes les 2min30 en thérapie

April 09, 20263 min read

Une rupture de lien toutes les 2min30

Même avec les thérapeutes efficaces

Daniel Stern, psychiatre et chercheur, professeur honoraire de psychologie à l'Université

Des ruptures d'alliance thérapeutique surviennent toutes les 2min30 en thérapie

de Genève, a documenté ce phénomène avec précision. Une micro-rupture, c'est un moment où le lien entre le client et le thérapeute se désaligne légèrement. Une remarque qui ne tombe pas tout à fait juste. Un silence qui devient inconfortable. Une reformulation qui rate sa cible. Un changement de sujet qui arrive trop tôt.

Ça arrive dans toutes les thérapies. Même avec des thérapeutes efficaces.

Ce qui fait la différence, c'est ce qui vient après

Chercher à éviter toutes les ruptures d'alliance est impossible, elles font partie des relations humaines. Toutefois, la compétence du thérapeute à savoir les repérer et les restaurer est centrale pour le développement des compétences relationnelles de ses clients.

Un thérapeute qui ne les remarque pas continue sur sa lancée. La séance avance. Le client s'ajuste, garde quelque chose pour lui, reste poli. La relation fonctionne en surface. Mais quelque chose se ferme progressivement, sans que ni l'un ni l'autre ne nomme quoi que ce soit.

Un thérapeute qui sait repérer les ruptures qui sont importantes pourra enseigner à son client in vivo la façon d'avoir des conversations inconfortables, sans mettre le lien en péril. Le client apprend à rester dans une conversation difficile sans la fuir et sans perdre le fil de ce qu'il pense.

C'est pour ça que la compétence relationnelle du thérapeute compte plus que son titre.

Ce que ça veut dire concrètement

Restaurer l'alliance thérapeutique, c'est ce qu'un thérapeute fait le plus souvent au cours d'un suivi. Repérer qu'un désalignement vient de se produire. Discriminer les moments où le nommer, et ceux où laisser le client se réguler dans son inconfort.

Ce savoir-faire s'apprend dans des relations saines, avec la famille, des amis, des profs, des coachs, des thérapeutes. Pas dans des livres, pas dans l'étude des pathologies.

Et aucun diplôme ni permis ne garantissent son intégration.

Évaluer un thérapeute dès la première rencontre

La prochaine fois que vous aurez à choisir un thérapeute, voici mon truc.

Soyez volontairement un peu décalé en consultation initiale, maladroit, imprécis, pas tout à fait à votre avantage. Et observez ce qui se passe.

Un thérapeute efficace va chercher à vous mettre à l'aise. Il va s'ajuster, rester ouvert, créer les conditions pour que vous trouviez vos mots.

Celui qui vous laisse avec votre maladresse sans y répondre vous montre déjà quelque chose d'important. Si installer le lien au premier rendez-vous est difficile pour lui, repérer et réparer les ruptures qui arrivent toutes les deux minutes trente en cours de suivi le sera aussi.

Et c'est le manque de compétence du thérapeute à assurer un climat de sécurité dans son espace thérapeutique qui mène le plus souvent un client à abandonner sa thérapie.


Si vous voulez aller plus loin, j'ai répertorié 3 questions concrètes à poser lors d'un premier contact avec un thérapeute pour évaluer ses compétences relationnelles avant de vous engager.

Et si vous voulez réserver une rencontre de 20 minutes pour me poser vos questions, vous pouvez le faire ici


Sources :
Lecomte, C. & Savard, R. (2016). La restauration de l'alliance thérapeutique suite à une perturbation, rupture et / ou une impasse relationnelle. Atelier de formation continue.
Stern, D.N. (2004). The present moment in psychotherapy and everyday life. New York : W.W. Norton.
Wampold, B.E. (2001). The great psychotherapy debate. Mahwah, NJ.

rupture alliance thérapeutiquechoisir un thérapeutethérapeute efficacecompétence relationnelleprotection du publicalliance thérapeutiquerestauration alliance thérapeutiqueFormation Conrad Lecomte
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Sophie Morin - Diplômée Bac & M.A. sexologie clinique

Sophie Morin est thérapeute diplômée d'un Bac et d'une M.A. clinique en sexologie de l'UQAM, ex-chargée de cours en Conscience réflexive à l'UdeM et invitée dans plus de 50 médias. Elle accompagne les personnes et les couples dans le développement de leurs compétences relationnelles, et propose une réflexion critique sur la protection du public dans l'industrie thérapeutique au Québec.

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Les compétences humaines du thérapeute prévient les abandons thérapeutiques précoces

Une rupture de lien toutes les 2min30 en thérapie

April 09, 20263 min read

Une rupture de lien toutes les 2min30

Même avec les thérapeutes efficaces

Daniel Stern, psychiatre et chercheur, professeur honoraire de psychologie à l'Université

Des ruptures d'alliance thérapeutique surviennent toutes les 2min30 en thérapie

de Genève, a documenté ce phénomène avec précision. Une micro-rupture, c'est un moment où le lien entre le client et le thérapeute se désaligne légèrement. Une remarque qui ne tombe pas tout à fait juste. Un silence qui devient inconfortable. Une reformulation qui rate sa cible. Un changement de sujet qui arrive trop tôt.

Ça arrive dans toutes les thérapies. Même avec des thérapeutes efficaces.

Ce qui fait la différence, c'est ce qui vient après

Chercher à éviter toutes les ruptures d'alliance est impossible, elles font partie des relations humaines. Toutefois, la compétence du thérapeute à savoir les repérer et les restaurer est centrale pour le développement des compétences relationnelles de ses clients.

Un thérapeute qui ne les remarque pas continue sur sa lancée. La séance avance. Le client s'ajuste, garde quelque chose pour lui, reste poli. La relation fonctionne en surface. Mais quelque chose se ferme progressivement, sans que ni l'un ni l'autre ne nomme quoi que ce soit.

Un thérapeute qui sait repérer les ruptures qui sont importantes pourra enseigner à son client in vivo la façon d'avoir des conversations inconfortables, sans mettre le lien en péril. Le client apprend à rester dans une conversation difficile sans la fuir et sans perdre le fil de ce qu'il pense.

C'est pour ça que la compétence relationnelle du thérapeute compte plus que son titre.

Ce que ça veut dire concrètement

Restaurer l'alliance thérapeutique, c'est ce qu'un thérapeute fait le plus souvent au cours d'un suivi. Repérer qu'un désalignement vient de se produire. Discriminer les moments où le nommer, et ceux où laisser le client se réguler dans son inconfort.

Ce savoir-faire s'apprend dans des relations saines, avec la famille, des amis, des profs, des coachs, des thérapeutes. Pas dans des livres, pas dans l'étude des pathologies.

Et aucun diplôme ni permis ne garantissent son intégration.

Évaluer un thérapeute dès la première rencontre

La prochaine fois que vous aurez à choisir un thérapeute, voici mon truc.

Soyez volontairement un peu décalé en consultation initiale, maladroit, imprécis, pas tout à fait à votre avantage. Et observez ce qui se passe.

Un thérapeute efficace va chercher à vous mettre à l'aise. Il va s'ajuster, rester ouvert, créer les conditions pour que vous trouviez vos mots.

Celui qui vous laisse avec votre maladresse sans y répondre vous montre déjà quelque chose d'important. Si installer le lien au premier rendez-vous est difficile pour lui, repérer et réparer les ruptures qui arrivent toutes les deux minutes trente en cours de suivi le sera aussi.

Et c'est le manque de compétence du thérapeute à assurer un climat de sécurité dans son espace thérapeutique qui mène le plus souvent un client à abandonner sa thérapie.


Si vous voulez aller plus loin, j'ai répertorié 3 questions concrètes à poser lors d'un premier contact avec un thérapeute pour évaluer ses compétences relationnelles avant de vous engager.

Et si vous voulez réserver une rencontre de 20 minutes pour me poser vos questions, vous pouvez le faire ici


Sources :
Lecomte, C. & Savard, R. (2016). La restauration de l'alliance thérapeutique suite à une perturbation, rupture et / ou une impasse relationnelle. Atelier de formation continue.
Stern, D.N. (2004). The present moment in psychotherapy and everyday life. New York : W.W. Norton.
Wampold, B.E. (2001). The great psychotherapy debate. Mahwah, NJ.

rupture alliance thérapeutiquechoisir un thérapeutethérapeute efficacecompétence relationnelleprotection du publicalliance thérapeutiquerestauration alliance thérapeutiqueFormation Conrad Lecomte
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Sophie Morin - Diplômée Bac & M.A. sexologie clinique

Sophie Morin est thérapeute diplômée d'un Bac et d'une M.A. clinique en sexologie de l'UQAM, ex-chargée de cours en Conscience réflexive à l'UdeM et invitée dans plus de 50 médias. Elle accompagne les personnes et les couples dans le développement de leurs compétences relationnelles, et propose une réflexion critique sur la protection du public dans l'industrie thérapeutique au Québec.

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