
Daniel Stern, psychiatre et chercheur, professeur honoraire de psychologie à l'Université

de Genève, a documenté ce phénomène avec précision. Une micro-rupture, c'est un moment où le lien entre le client et le thérapeute se désaligne légèrement. Une remarque qui ne tombe pas tout à fait juste. Un silence qui devient inconfortable. Une reformulation qui rate sa cible. Un changement de sujet qui arrive trop tôt.
Ça arrive dans toutes les thérapies. Même avec des thérapeutes efficaces.
Chercher à éviter toutes les ruptures d'alliance est impossible, elles font partie des relations humaines. Toutefois, la compétence du thérapeute à savoir les repérer et les restaurer est centrale pour le développement des compétences relationnelles de ses clients.
Un thérapeute qui ne les remarque pas continue sur sa lancée. La séance avance. Le client s'ajuste, garde quelque chose pour lui, reste poli. La relation fonctionne en surface. Mais quelque chose se ferme progressivement, sans que ni l'un ni l'autre ne nomme quoi que ce soit.
Un thérapeute qui sait repérer les ruptures qui sont importantes pourra enseigner à son client in vivo la façon d'avoir des conversations inconfortables, sans mettre le lien en péril. Le client apprend à rester dans une conversation difficile sans la fuir et sans perdre le fil de ce qu'il pense.
C'est pour ça que la compétence relationnelle du thérapeute compte plus que son titre.
Restaurer l'alliance thérapeutique, c'est ce qu'un thérapeute fait le plus souvent au cours d'un suivi. Repérer qu'un désalignement vient de se produire. Discriminer les moments où le nommer, et ceux où laisser le client se réguler dans son inconfort.
Ce savoir-faire s'apprend dans des relations saines, avec la famille, des amis, des profs, des coachs, des thérapeutes. Pas dans des livres, pas dans l'étude des pathologies.
Et aucun diplôme ni permis ne garantissent son intégration.
La prochaine fois que vous aurez à choisir un thérapeute, voici mon truc.
Soyez volontairement un peu décalé en consultation initiale, maladroit, imprécis, pas tout à fait à votre avantage. Et observez ce qui se passe.
Un thérapeute efficace va chercher à vous mettre à l'aise. Il va s'ajuster, rester ouvert, créer les conditions pour que vous trouviez vos mots.
Celui qui vous laisse avec votre maladresse sans y répondre vous montre déjà quelque chose d'important. Si installer le lien au premier rendez-vous est difficile pour lui, repérer et réparer les ruptures qui arrivent toutes les deux minutes trente en cours de suivi le sera aussi.
Et c'est le manque de compétence du thérapeute à assurer un climat de sécurité dans son espace thérapeutique qui mène le plus souvent un client à abandonner sa thérapie.
Si vous voulez aller plus loin, j'ai répertorié 3 questions concrètes à poser lors d'un premier contact avec un thérapeute pour évaluer ses compétences relationnelles avant de vous engager.
Sources :
Lecomte, C. & Savard, R. (2016). La restauration de l'alliance thérapeutique suite à une perturbation, rupture et / ou une impasse relationnelle. Atelier de formation continue.
Stern, D.N. (2004). The present moment in psychotherapy and everyday life. New York : W.W. Norton.
Wampold, B.E. (2001). The great psychotherapy debate. Mahwah, NJ.

Daniel Stern, psychiatre et chercheur, professeur honoraire de psychologie à l'Université

de Genève, a documenté ce phénomène avec précision. Une micro-rupture, c'est un moment où le lien entre le client et le thérapeute se désaligne légèrement. Une remarque qui ne tombe pas tout à fait juste. Un silence qui devient inconfortable. Une reformulation qui rate sa cible. Un changement de sujet qui arrive trop tôt.
Ça arrive dans toutes les thérapies. Même avec des thérapeutes efficaces.
Chercher à éviter toutes les ruptures d'alliance est impossible, elles font partie des relations humaines. Toutefois, la compétence du thérapeute à savoir les repérer et les restaurer est centrale pour le développement des compétences relationnelles de ses clients.
Un thérapeute qui ne les remarque pas continue sur sa lancée. La séance avance. Le client s'ajuste, garde quelque chose pour lui, reste poli. La relation fonctionne en surface. Mais quelque chose se ferme progressivement, sans que ni l'un ni l'autre ne nomme quoi que ce soit.
Un thérapeute qui sait repérer les ruptures qui sont importantes pourra enseigner à son client in vivo la façon d'avoir des conversations inconfortables, sans mettre le lien en péril. Le client apprend à rester dans une conversation difficile sans la fuir et sans perdre le fil de ce qu'il pense.
C'est pour ça que la compétence relationnelle du thérapeute compte plus que son titre.
Restaurer l'alliance thérapeutique, c'est ce qu'un thérapeute fait le plus souvent au cours d'un suivi. Repérer qu'un désalignement vient de se produire. Discriminer les moments où le nommer, et ceux où laisser le client se réguler dans son inconfort.
Ce savoir-faire s'apprend dans des relations saines, avec la famille, des amis, des profs, des coachs, des thérapeutes. Pas dans des livres, pas dans l'étude des pathologies.
Et aucun diplôme ni permis ne garantissent son intégration.
La prochaine fois que vous aurez à choisir un thérapeute, voici mon truc.
Soyez volontairement un peu décalé en consultation initiale, maladroit, imprécis, pas tout à fait à votre avantage. Et observez ce qui se passe.
Un thérapeute efficace va chercher à vous mettre à l'aise. Il va s'ajuster, rester ouvert, créer les conditions pour que vous trouviez vos mots.
Celui qui vous laisse avec votre maladresse sans y répondre vous montre déjà quelque chose d'important. Si installer le lien au premier rendez-vous est difficile pour lui, repérer et réparer les ruptures qui arrivent toutes les deux minutes trente en cours de suivi le sera aussi.
Et c'est le manque de compétence du thérapeute à assurer un climat de sécurité dans son espace thérapeutique qui mène le plus souvent un client à abandonner sa thérapie.
Si vous voulez aller plus loin, j'ai répertorié 3 questions concrètes à poser lors d'un premier contact avec un thérapeute pour évaluer ses compétences relationnelles avant de vous engager.
Sources :
Lecomte, C. & Savard, R. (2016). La restauration de l'alliance thérapeutique suite à une perturbation, rupture et / ou une impasse relationnelle. Atelier de formation continue.
Stern, D.N. (2004). The present moment in psychotherapy and everyday life. New York : W.W. Norton.
Wampold, B.E. (2001). The great psychotherapy debate. Mahwah, NJ.
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